Jour du dauphin japonais : le compte-rendu de l’action à Montréal

Home/La Dolphin Connection en action, Massacres de dauphins, The Cove,  Actualités/Jour du dauphin japonais : le compte-rendu de l’action à Montréal

Jour du dauphin japonais : le compte-rendu de l’action à Montréal

Des manifestations ont eu lieu jeudi le 1er septembre dernier, devant les ambassades du Japon dans plusieurs villes à travers le monde afin de demander l’arrêt du massacre des dauphins au Japon, se déroulant chaque année entre septembre et avril.

À Montréal, une quinzaine de personnes, dont les membres canadiens de La Dolphin Connection, se sont rassemblées devant l’ambassade. Il y avait des bannières « STOP, SVP NE TUEZ PAS les dauphins ». Environ 200 dépliants du communiqué de presse ont été distribués aux passants. En mémoire des dauphins, une rose était remise à chaque personne.

[slidegallery width=550 height=700]

Chaque année, dans la baie japonaise de Taiji, les pêcheurs massacrent plus de 23 000 dauphins. Sur leur route migratoire, les dauphins sont poursuivis jusqu’à l’épuisement et sont ensuite rabattus à l’aide d’un mur de son créé par les pêcheurs qui frappent sur des tiges de métal plongées dans l’eau. Terrifiés, assourdis, les cétacés sont ensuite regroupés dans les eaux peu profondes d’une crique.

Des dresseurs professionnels venus de différents pays viennent alors sélectionner les plus beaux spécimens correspondant aux critères d’approvisionnement des delphinariums, généralement les jeunes femelles sans aucun défaut. Ces quelques rescapés seront vendus à des prix pouvant atteindre les  150 000.00$US et même plus. Ces dauphins sont ensuite acheminés vers des enclos de désensibilisation et de dressage, puis vers des parcs marins locaux ou internationaux où l’on trouve des spectacles de dauphins ou des programmes de nage avec les dauphins, ceci afin de répondre à la demande croissante de touristes ignorants.

Pour les autres dauphins prisonniers de la baie, la boucherie commence. Dans une mer rouge de sang et à l’abri des regards, les dauphins sont percés par des lances, des crochets, des couteaux. Ils sont égorgés vivants, noyés lentement sous les filets et meurent au bout de longues minutes, voire davantage, au terme de souffrances inouïes. Ces dauphins massacrés pour leur viande sont destinés aux supermarchés et restaurants japonais au prix de 600 dollars US la pièce.  La viande de dauphin est pourtant hautement toxique et dangereuse à consommer, du fait que ce mammifère marin, placé au sommet de la chaîne alimentaire, accumule dans son corps une quantité importante de mercure et d’autres polluants.

Doté d’un cerveau plus complexe que le nôtre, le dauphin est un cétacé extraordinaire, qui a maintes fois sauvé des vies humaines. Alter ego des hommes, ces créatures qui vivent au sein d’un monde sonore, font preuve d’un comportement social très complexe, d’une  grande sensibilité et d’une intelligence unique dans le monde animal, largement confirmée par les recherches scientifiques. Ils disposent également d’une conscience de soi, portent chacun un nom (la signature sifflée) et communiquent entre eux de façon étonnamment sophistiquée.

Il est important que tous et chacun achemine un message fort au gouvernement du Japon qui délivre des permis pour le massacre à quelques pêcheurs locaux de Taiji. Si ce massacre continue, c’est parce que c’est une industrie qui rapporte, mais c’est également une industrie où la vérité est cachée au monde entier.

Chaque personne à travers le monde peut faire des gestes concrets afin de faire stopper ce fléau en cessant d’aller dans les parcs marins où l’on retrouve des spectacles de dauphins ou des voyages incluant des programmes de nage avec les dauphins. Ces petits gestes qui semblent anodins, encouragent le massacre annuel à Taiji étant donné que le Japon est le plus grand fournisseur mondial de parcs marins où sont détenus des dauphins captifs. Cousteau l’avait déjà compris il y a quelques années en citant : Aucun bassin, aucune piscine, si spacieuse qu’il soit, ne peut reproduire les conditions de la mer. Et aucun dauphin qui l’habite ne peut être considéré comme normal.

Quand nous savons qu’un dauphin peut parcourir jusqu’à 80 km par jour, nager à des profondeurs de plusieurs dizaines de mètres, ingurgiter jusqu’à 25kg de poissons frais par jour, utiliser son sonar pour communiquer et capter sur de longues distances, il est clair qu’aucun bassin ne pourra jamais reproduire les conditions auxquelles les dauphins sauvages ont besoin pour vivre normalement.

Du côté légal, les grandes souffrances et les longues agonies des dauphins lors des massacres sont considérés parmi les plus hautes cruautés animales actuelles dans le monde. Cette cruauté envers les dauphins est une fois de plus, un signal d’alarme psychiatrique vers ceux qui la pratique. Même si les pêcheurs de Taiji se défendent sous une tradition japonaise, il est tout de même curieux, pour une tradition, que le peuple japonais soit tenu dans l’ignorance de la barbarie de ces « pêches’’.  Si ce massacre est vraiment une tradition, cela ne le rend pas légitime. Mettre en guillotine des êtres humains peut être aussi considéré comme une vieille tradition, cela ne la rend pas moral pour autant.

Les manifestants restent optimistes parce que dans un monde où la protection de notre biodiversité est urgente, un nombre croissant de gens se sentent interpellés par cette situation. Si un nombre suffisant de manifestants font entendre leur voix à travers le monde, le gouvernement japonais se verra contraint de ne plus délivrer de permis. Ces pratiques hautement cruelles ne correspondent plus en rien à la culture japonaise moderne. Il faut exiger du gouvernement nippon qu’il mette fin à de telles horreurs et lui intimer l’ordre de prendre en compte la sauvegarde de la biodiversité mondiale au bénéfice des générations futures.

Du côté de la captivité des dauphins, nous voulons que la commission baleinière internationale remettre de l’avant la solution reliée aux problèmes des delphinariums qui ne pourront jamais répondre aux besoins des cétacés. Cette solution proposée en 1983 par les cétologues ayant recommandé que les delphinariums soient graduellement remplacés par quelques réserves marines situées près des côtes où les dauphins pourraient aller et venir en toute liberté, a fini par tomber dans les oubliettes. Il est urgent que cette solution revienne dans les discussions.

Le sourire physiologique des dauphins ne sera jamais le reflet de son état d’âme. Le dauphin reste un animal sauvage qui a plein droit à la liberté. N’oublions pas que les dauphins meurent aussi en souriant.

Magali Laplante
La Dolphin Connection
Membre Canada

About the Author:

Leave A Comment